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Finance par les mathématiques··8 min

Volatilité implicite et options

La volatilité implicite est ce que le marché 'pense' que la volatilité future sera. Elle se lit dans les prix des options — et elle en dit souvent plus sur les anticipations collectives que les cours eux-mêmes.

Volatilité implicite et options

Quand vous achetez une option, vous achetez du risque. Plus précisément, vous payez pour la possibilité que le sous-jacent bouge dans la bonne direction. Le prix que vous payez dépend de beaucoup de choses — le cours actuel, le prix d'exercice, la durée — mais surtout d'une variable centrale : la volatilité attendue.

Cette volatilité attendue, inférée du prix observé des options sur le marché, s'appelle la volatilité implicite.

Volatilité historique vs implicite

La volatilité historique se calcule : on observe les variations passées du prix d'un actif et on en calcule l'écart-type. C'est une mesure du passé.

La volatilité implicite est différente. On part du prix actuel d'une option et on résout l'équation à l'envers : quel niveau de volatilité, injecté dans le modèle de pricing (Black-Scholes ou autre), donne exactement le prix observé ?

La volatilité implicite est donc une projection du marché sur le futur. Elle encode ce que les acheteurs et vendeurs d'options sont prêts à payer (et à recevoir) pour couvrir leur risque. C'est le consensus de marché sur l'incertitude à venir.

La surface de volatilité et le smile

Dans un monde Black-Scholes idéal, la volatilité implicite serait la même pour toutes les options sur le même sous-jacent, quel que soit le prix d'exercice ou la maturité. En pratique, ce n'est pas le cas.

Les traders ont observé depuis les années 1980 que les options hors-de-la-monnaie (sur les flancs de la distribution de prix) se tradent à des volatilités implicites plus élevées que les options à-la-monnaie. Ce phénomène s'appelle le "smile" de volatilité (ou le "skew" selon la forme).

La raison : les marchés anticipent des queues de distribution plus épaisses que ce que prédit une loi normale. Les crashes extrêmes (queues gauche) et les rallyes explosifs (queues droite) sont sous-estimés par Black-Scholes et survoluées en conséquence sur les marchés.

En représentant la volatilité implicite selon le prix d'exercice et la maturité, on obtient une surface de volatilité. Cette surface est l'une des informations les plus riches que les marchés d'options fournissent sur les anticipations collectives.

L'indice VIX : la peur en chiffres

Le VIX est l'indice de volatilité implicite du S&P 500. Il calcule une moyenne pondérée des volatilités implicites sur un horizon de 30 jours. Quand le VIX est à 15, le marché anticipe des variations annualisées d'environ 15% sur l'indice. À 40 (comme lors de la crise COVID), c'est 40%.

Le VIX est souvent appelé "l'indice de la peur". Ce n'est pas tout à fait correct — c'est l'indice de l'incertitude, qui reflète aussi la demande de couverture. Quand les investisseurs ont peur, ils achètent des puts (protection contre la baisse), ce qui fait monter les volatilités implicites, ce qui fait monter le VIX.

Ce que la volatilité implicite révèle

Au-delà du trading d'options, la volatilité implicite est un indicateur macroéconomique utile. Elle reflète l'incertitude anticipée par les participants de marché, qui intègrent souvent des informations que les autres indicateurs ne capturent pas encore.

Une volatilité implicite qui monte sur des actions individuelles peut précéder une annonce ou signaler une accumulation de positions défensives. Une volatilité implicite qui monte sur les taux d'intérêt peut signaler une anticipation de changement de politique monétaire.

La volatilité implicite ne prédit pas l'avenir — elle mesure ce que les marchés facturent pour l'incertitude à venir. C'est différent, et c'est déjà beaucoup.

Auteur

Marcus Détrez

Fondateur d’IMAT137 et de LSI. Consultant en stratégie technologique et formation.

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